Le traitement du cancer peut entraîner des effets secondaires graves qui ne sont pas toujours reconnus et traités par les cliniciens. Cela peut être dévastateur pour les patients et coûteux pour le système de soins de santé car les patients pourraient alors avoir besoin de soins plus coûteux (par exemple, une visite aux urgences). Une façon de remédier à cette situation consiste à demander à tous les patients de remplir des questionnaires sur leurs symptômes chaque fois qu’ils consultent leur professionnel de la santé.
Il a été démontré que cette approche peut améliorer le processus de soins (par exemple, améliorer la communication patient-clinicien), la qualité de vie des patients et même la survie. La mise en place d’un dépistage régulier des symptômes, particulièrement la détresse, des patients est une priorité pour le Programme québécois de cancérologie (PQC). Cependant, peu de centres de cancérologie au Québec ont un tel programme en place.
L’équipe de recherche a développé et met en œuvre au Québec un programme innovant de dépistage des symptômes qui utilise une application mobile pour recueillir les réponses des patients à des questionnaires sur leurs symptômes. Ce programme de dépistage est appelé e-IMPAQc. e-IMPAQc sera implanté dans cinq centres de cancérologie pour adultes au Québec dès l’été 2020. Lorsque les patients complètent les questionnaires e-IMPAQc sur leurs symptômes, les patients et leurs cliniciens reçoivent un résumé de leurs réponses. Les patients reçoivent aussi des ressources éducatives appropriées pour les aider à gérer leur situation.
L’intégration d’une innovation comme e-IMPAQc dans les soins quotidiens du cancer est cependant plus facile à dire qu’à faire, car elle implique de nombreuses ramifications sur la façon dont les patients, les cliniciens et les gestionnaires ont l’habitude de procéder. Les objectifs de cette étude sont de déterminer la quantité et la façon dont e-IMPAQc est utilisé, voir si le programme s’intègre aux soins cliniques de routine auxquels les patients s’attendent dans les centres de cancérologie participants, relever quels facteurs contribuent à cette intégration et comment le programme peut être déployé dans d’autres centres de cancérologie du Québec.
L’équipe utilise un certain nombre de stratégies pour atteindre ces objectifs, incluant des entretiens et des sondages avec des cliniciens, des gestionnaires, et des patients. L’équipe observe aussi les cliniciens et les patients ensemble et séparément lorsqu’ils utilisent e-IMPAQc. Ultimement, l’équipe vise à développer un guide qui aide à étendre l’utilisation d’e-IMPAQc au-delà des cinq centres de cancérologie initiaux. Au final, une utilisation généralisée d’e-IMPAQc à travers le Québec signifiera qu’aucun patient ne devra souffrir inutilement, car si ses symptômes sont identifiés, ils pourront être traités.